SANSUN MOT


2001 : Chansons pour les pieds 1986 : Non Homologué
1997 : En Passant 1984 : Positif
1993 : Rouge 1983 : Minoritaire
1990 : Fredericks Goldman Jones 1981 : Il suffira d'un signe
1987 : Entre gris clair et gris foncé  

2001 : Chansons pour les pieds Haut de la page

Ensemble

J'ai besoin de nos chemins qui se croisent

Quand le temps nous rassemble

Ensemble tout est plus joli.

 

Et l'on n'y peut rien

Il fait roi l'esclave

Et peut damner les saints

L'honnète ou le sage

Et l'on n'y peut rien

 

Lui, choisit ses tours

Et ses va et ses vient

Ainsi fait l'amour

Et l'on n'y peut rien

 

Une poussière

C'est le monde et ses maladies

C'est le monde qui vient par ici

Pauvre monde, malade et transi

Vois le monde, sa mélancolie

 

La pluie

Autant apprendre à marcher sous la pluie le visage offert

 

Tournent les violons

Juste quatre mots, le trouble d'une vie

Juste quatre mots qu'aussitôt il oublie

 

Un goût sur tes lèvres

Combien d'années pour élever un enfant ?

Mais pour l'égorger c'est juste un instant

Combien de rêves en route abandonnés ?

D'"automensonges" pour se contenter ?

Combien de verres pour que tombe ton masque ?

Combien d'échecs avant que l'on comprenne ?

Et d'autos brulées pour voter FN ?

 

C'est un goût sur tes lèvres, juste après les baisers,

Une amertume à peine devinée

Rien qu'un goût sur tes lèvres une infime méfiance

Qui se cache sous les apparences ?

 

Si je t'avais pas

Bouge pas

C'est ma place à moi

Mon abri mon toit

J'habite tes bras

Là où me caressent tes doigts

 

C'est pas vrai

Et partout ça mitraille

100 000 vérités

On jure on clame on braille

Ca vient d'tous les côtés

RADIOS et Haut parleurs

Des chaines par milliers

Et passent les rumeurs

Promis craché juré vérifié officiel

 

Je voudrais vous revoir

Cette lettre peut vous surprendre

Mais sait-on ? Peut être pas

Quelques braises échappées des cendres

D'un amour si loin déjà

 

Tout nous semblait normal, nos vies seraient un bal

Les jolies danses sont rares, on l'apprend plus tard

Le temps sur nos visages a soumis tous les orages

Je voudrais vous revoir et pas par hasard

 

Avons-nous bien vécu la même histoire ?

 

Et se dire merci de ces perles de vie

Il est certaines blessures au goût de victoire

Et vos gestes, y reboire

Tes parfums, ton regard

Ce doux miroir

Où je voudrais nous revoir.

 

Les p'tits chapeaux

C'est pas la plus jolie,

Ca tombe bien, moi non plus...

 

Elle a comme une p'tite douleur dans l'regard

Cette ombre qui rend les gens fréquentables

 

Et j'aime aussi comme elle se passe de moi

Comme elle est fière et secrète parfois

Comme elle donne tout à chaque fois

Elle met des petits chapeaux

Et moi ça me va...

 

Les choses

Si j'avais si j'avais ça

Je serais ceci je serais cela

Sans chose je n'existe pas

Les regards glissent sur moi

J'envie ce que les autres ont

Je crève de ce que je n'ai pas

Le bonheur est possession

Les supermarchés mes temples à moi

 

Un tatouage, un piercing, un bijou

Je veux l'image, l'image et c'est tout

Le bon langage, les idées qu'il faut

C'est tout ce que je vaux.

 

La vie c'est mieux quand on est amoureux


1997 : En Passant Haut de la page

Sache que je

Alors sache que je

Sache le

 

Bonne idée

Nous avons tous été vainqueurs, même le dernier des derniers

Une fois au moins les meilleurs, nous qui sommes nés

 

Et rien vraiment ne change mais tout est différent

Comme ces festins qu'on mange seul ou en les partageant

 

Tout était dit

Quatre mètres infranchissables, un bar un après-midi

 

Dans chacun de ses gestes un aveu, un secret dans chaque attitude

Ses moindres facettes trahies bien mieux que par de longues études

 

Sa façon de marcher dans mon rêve, son parfum qui s'évanouit

Quand elle disparait de ma vie

Tout était dit

 

Quand tu danses

Et toutes les peines, toutes, contre une seule de nos minutes

 

Le coureur

Puis le hasard a croisé ma vie

J'suis étranger partout aujourd'hui,

Etait-ce un mal, un bien ?

C'est ainsi

 

Juste quelques hommes

Juste quelques hommes

Quelques hommes justes

 

Natacha

Je sais mieux choisir un chemin,

Me méfier d'une main

Tu vois je ne sais rien

 

Les murailles

Et j'avais fait des merveilles en bâtissant notre amour

En gardant ton sommeil, en montant des murs autour

Mais quand on aime on a tort, on est stupide, on est sourd

Moi j'avais cru si fort que ça durerait toujours

J'avais cru si fort que ça durerait toujours

 

On ira

On laissera nos clés, nos cartes et nos codes

Prisons pour nous retenir

Tous ces gens qu'on voit vivre comme s'ils ignoraient

Qu'un jour il faudra mourir

Et qui se font surprendre au soir

 

Oh j'ai tant obéi, si peu choisi petite

Et le temps perdu me dévore

 

Belle, on ira

Et l'ombre ne nous rattrapera peut-être pas

On ne changera pas le monde

Mais il ne nous changera pas

 

En passant

Doucement reviennent à pas de loup

Reines endormies, nos déroutes anciennes

 

Déjà ces discrets manques de courage

Tout ce qu'on ne sera jamais, déjà


1993 : Rouge Haut de la page

Serre-moi

Des malins qui parlent haut

Des oubliés privés de mots

 

Que disent les chansons du monde ?

Que les femmes seraient des fleurs offertes à nos désirs

Mais qu'il faut prendre leur coeur avant de les cueillir

 

Des vôtres

Pas des pas des pas des pas des pas des

pages à page à page à page à page à

Pas j'ai pas j'ai pas j'ai pas j'ai pas

les mots les mots les mots

J'ai pas les mots qu'il faut

 

Frères

Frères, mêmes tremblements, même peur et même fusil

Frères, mêmes talismans, même alcool pour un même oubli

Frères, frères d'instant, frères d'histoire

Gravés sur la même pierre glacée sans mémoire

Frères, même anonymat, frères d'absurdité

Frères, frères d'attente au fond des mêmes tranchées

Frères, frères de sang, frère de mal

De pulsions libérées du fond du même animal

Du même animal

 

Ne lui dit pas

Du silence au mensonge

C'est l'espace des songes

 

Fermer les yeux

Quand la peine est trop lourde

Quand le monde est trop laid

Quand la chance est trop sourde

La vérité trop vraie

 

Comme au dernier voyage

Pour y voir enfin mieux

Enfin d'autres images

Quand on ferme les yeux

Quand on ferme les yeux


1990 : Fredericks Goldman Jones Haut de la page

Tu manques

On apprend tout de ses souffrances

Moi j'ai su deux choses, après toi:

Le pire est au bout de l'absence

Je suis plus vivant que je crois

 

Nuit

Tout n'est plus qu'ombre, rien ne ment,

Le temps demeure et meurt poutant

Tombent les apparences

Nos longs, si longs silences

Les amants se perdent en s'aimant

 

Je l'aime aussi

Si l'homme occidental est mono-

Game sait-on si l'amour l'est aussi ?

Pas loin d'ici, à quelques kilo-

Mètres l'on dit que le "game est poly"

 

A nos actes manqués

Aux malentendus, aux mensonges, à nos silences

A tous ces moments que j'avais cru partager

Aux phrases qu'on dit trop vite et sans qu'on les pense

A celles que je n'ai pas osées

A nos actes manqués

 

Né en 17 à Leidenstadt

On saura jamais c'qu'on a vraiment dans nos ventres

Caché derrière nos apparences

L'âme d'un brave ou d'un complice ou d'un bourreau ?

Ou le pire ou le plus beau ?

Serions-nous de ceux qui résistent ou bien les moutons d'un troupeau

S'il fallait plus que des mots ?

 

Et qu'on nous épargnent à toi et moi si possible très longtemps

D'avoir à choisir un camp

 

Un, deux, trois

Il paraît qu'il y en aurait qui se damnent, Pour du pouvoir pour de l'or

Chacun sa façon de brader son âme, On les plaint pour ce qu'ils ignorent

 

Et c'était plus qu'une musique, Un langage, une communion

Une religion laïque, Notre façon de dire non

 

Peurs

Qu'est-ce qu'on aurait dû ? Qu'est-ce qu'on aurait pu ?

Personne y peut rien, Chacun son destin

Ici, c'est comme ça, C'est chacun pour soi

On demande rien

 

Chanson d'amour (...!)

Trêve de discours, y a rien d'pire que l'amour

Sauf de ne pas aimer

Autant le faire, c'est clair

Et puis se taire


1987 : Entre gris clair et gris foncé Haut de la page

Fais des bébés

Si longs longs longs, Comme un jour sans toi

Ou avec toi d'ailleurs, Ca dépend des fois

C'est comme j'te dis chérie

 

Fais des bébés, fais des bébés

Ca fera peut être des cadavres pour leur saleté de bombe

Mais aussi des cerveaux pour ne pas qu'elles tombent

ABCD fais des bébés

Fais des bébés, fais des bébés

Tu leur diras jamais qu'y a des guerres qui sont saintes

Que la raison d'état efface les cris les plaintes

C'est pas sorcier fais des bébés

 

Là-bas

J'aurai ma chance, j'aurai mes droits N'y va pas

Et la fierté qu'ici je n'ai pas Là-bas

Tout ce que tu mérites est à toi N'y va pas

Ici les autres imposent leur loi Là-bas

Je te perdrai peut être là-bas N'y va pas

Mais je me perds si je reste là Là-bas

La vie ne m'a pas laissé le choix N'y va pas

Toi et moi ce sera là-bas ou pas Là-bas

Tout est neuf et tout est sauvage N'y va pas

Libre continent sans grillage Là-bas

Beau comme on imagine pas N'y va pas

Ici même nos rêves sont étroits Là-bas

C'est pour ça que j'irai là-bas N'y va pas

On ne m'a pas laissé le choix Là-bas

Je me perds si je reste là N'y va pas

C'est pour ça que j'irai Là-bas

 

A quoi tu sers ?

Y'en a qui meurent, qui prient pour un morceau de terre

Y'en a qui risquent leur vie pour passer la frontière

Y'en a qui bronzent et d'autres s'font la peau plus claire

Certains s'effraient au fond quand d'autres font des affaires

 

Il changeait la vie

Il y mettait du temps du talent et du coeur, Ainsi passait sa vie au milieu de nos heures

Et loin des beaux discours des grandes théories, A sa tache chaque jour on pouvait dire de lui

Il changeait la vie

 

Entre gris clair et grsi foncé

Décolorés les messages du ciel, Les évidences déteintes au soleil

Fané le rouge sang des enfers, L'eden un peu moins pur un peu moins clair

Souillé, tâché le blanc des étendards, Brûlé le vert entêtant de l'espoir

La sérénité des gens qui croient, Ce repos d'âme que donnait la foi

 

C'est ta chance

C'est ta chance, le cadeau de ta naissance

Y'a tant d'envies tant de rêves qui naissent d'une vraie souffrance

Qui te lance et te soutient

C'est ta chance

Ton appétit ton essence

La blessure où tu viendras puiser la force et l'impertinence

Qui t'avance un peu plus loin

 

Puisque tu pars

Puisque l'ombre gagne, Puisqu'il n'est pas de montagne

Au delà des vents plus haute que les marches de l'oubli

Puisqu'il faut apprendre, A défaut de le comprendre

A rêver nos désirs et vivre des ainsi soit-il

Et puisque tu penses, Comme une intime évidence

Que parfois même tout donner n'est pas forcément suffir

Puisque c'est ailleurs, Qu'ira mieux battre ton coeur

Et puisque nous t'aimons trop pour te retenir

Puisque tu pars

 

J'aurais pu fermer, oublier toutes ces portes

Tout quitter sur un simple geste mais tu ne l'as pas fait

J'aurais pu donner tant d'amour et tant de force

Mais tout ce que je pouvais ça n'était pas encore assez

Pas assez, pas assez, pas assez

 

Qu'elle soit-elle

On voudrait bien qu'ils soient à notre image

On voudrait bien qu'ils soient un autre soi

Que ça continue même après la page

Mais qu'elle soit elle, Et le mieux qu'elle pourra

 

Doux

Si la réussite vous excite, Le style yuppie cool mais dynamique

Coke pour le speed, pills pour la nuit

Oublie

 

Reprendre c'est voler

Mais l'amour, tu peux tout le garder, Un soir je te l'avais donné

Et reprendre c'est voler, Et reprendre c'est voler

 

Il y a

Plus la terre est aride, et plus cet amour est grand

Comme un mineur à sa mine, un marin à son océan

Plus la nature est ingrate, avide de sueur et de boue

Parce que l'on a tant besoin que l'on ait besoin de nous

Elle porte les stygmates de leur peine et de leur sang

Comme une mère préfère un peu son plus fragile enfant

 

Peur de rien blues

Y'a des chose qu'on pense, Qu'on voyait pas comme ça

Mais on garde le silence, Et on presse le pas

Des regards qu'on détourne, Des gestes qu'on fait pas

La conscience un peu sourde, Et pas très fier de soi

Quand la dose est trop lourde, Quand le blues va un peu loin

J'prends ma guitare à la main, Et jl'ai peur de rien


1986 : Non Homologué Haut de la page

Pas toi

Passent les jours, vides sillons

Dans la raison, mais sans amour

Passe ma chance, tournent les vents

Reste l'absence, obstinément

J'ai beau me dire, que c'est comme ça

Que sans vieillir, on n'oublie pas

Quoi que je fasse, ou que je sois

Rien ne t'efface, je pense à toi

Et quoi que j'apprenne, je ne sais pas

Pourquoi je saigne, et pas toi

 

Parler d'ma vie

Je suis le cours des choses, je vais où l'on m'entraine

Je suis de ces gens là qui ne choisissent pas

Tu peux bien penser que ces vies sont des vies vaines

Mais le hasard invente et colorie parfois

Mais quand je pense à tout ça, ça m'colle la migraine

Pourquoi vendre toujours quand y'a tant à donner

T'as beau m'expliquer qu'ça fait partie d'un système

Il me faut bien des pilules pour l'avaler

 

Bienvenue sur mon boulevard

J'ai rencontré des mecs qui changeaient de costard

D'après l'cours du kopeck ou celui du dollar

Des montres dégoutants, des crapauds pleins de bave

Ecroulés de rire en contemplant d'autres épaves

 

Famille

Et creuver le silence, quand c'est à toi que je pense

Je suis loin de tes mains, loin de toi loin des tiens

Mais tout ça n'a pas d'importance

 

Tu es de ma famille, bien plus que celle du sang

Des poignés de secondes dans cet étrange monde

Qu'il te protège s'il entend

 

Confidentiel

J'vais pas te dire qu'faut pas pleurer

Y'a vraiment pas d'quoi s'en priver

Et tout c'qu'on n'a pas loupé, le valait bien

 

Ca restera comme une lumière

Qui m'tiendra chaud dans mes hivers

Un petit feu de toi qui s'éteint pas.

 

Compte pas sur moi

Oublier d'où je viens, ma mémoire et les miens

non, non, non, non, non

Endosser pour faire bien les nouveaux lieux communs

non, non, non, non, non

Penser qu'on a moins tort quand on hurle plus fort

non, non, non, non, non.

 

La vie par procuration

La maison si nette, qu'elle en est suspecte

Comme tous ces endroits, où l'on ne vit pas

Les êtres ont cédé, perdu la bagarre

Les choses ont gagné, c'est leur territoire

 

Délires schyzo maniaco psychotiques

Demain t'aurais raison, mais aujourd'hui t'as tort

Ca dépend des saisons, de l'endroit, du plus fort

Il parait qu'on est des milliards, à s'ignorer dans ce bazar

Mais comment trouver l'identique à mes délires schyzo maniaco psychotiques


1984 : Positif Haut de la page

Envole-moi

J'ai pas choisi de vivre ici, Entre la soumission, la peur ou l'abandon

Je m'en sortirai, je te le jure, A coup de livres, je franchirai tous ces murs

 

Peitie fille

Y' a pas de suicide au Sahel, Pas de psychiatre en plein désert

Pas d'overdose à Kinshassa, Réponses ou questions ? je sais pas

 

Petite fille inconséquence, Entre deux tempos qui balancent

Est-ce un présence, une absence ?, Est-ce blessure, est-ce naissance ?

Petite fille malentendu, Petite fille ambiguë

Même si tu as perdu la mémoire, Garde-nous juste un peu d'espoir

 

Nous ne nous parlerons pas

En quelques phrases en quelques lettres, Il me semble si bien vous connaître

On écrit bien mieux qu'on ne dit, On ose tout ce que la voix bannit

 

Je chante pour ça

Parce que désespoir pour désespoir, Autant noyer tout ça dans le caviar

Parce que l'amour nous trahit chaque fois, Autant le faire dans des draps de soie

Parce que les dingos, les vrais marginaux, Sont dans les palaces, pas dans les ghettos

Parce qu'on est cuit et qu'on y croit quand même, Le temps d'un regard, Le temps d'un panard

Le temps d'un je t'aime, Ou d'un poème

 

Encore un matin

Matin pour agir ou attendre la chance, Ou bousculer les évidences

Matin innocence, matin intelligence, C'est toi qui décide du sens

 

Américain

Dans sa pauvre valise, ses maigres affaires, Une histoire banale d'homme et de misère

Il tient dans sa chemise ses ultimes richesses, Ses deux bras courageux, sa rude jeunesse

Et tout contre sa peau comme un trésor inca, Son nom sur un visa pour les U.S.A.

 

Dix trains de loosers pour un Rockfeller

 

Ton autre chemin

On a commencé à se perdre de vue à l'adolescence

Je te trouvais un peu trop austère

Un peu trop sérieux, un peu trop secret

Moi, j'avais besoin de musique, de lumière

Et de futilité

Et aussi des autres

Ton amitié était exigeante, entière, exclusive

Et puis tu as commencé à être absent

Souvent, puis plus longtemps

Ta mère nous disait que tu partais en vacances

Elle ne mentait pas quand j'y repense

En vacance d'envie, en vacance de vie

Et puis la vérité, celle qu'on suppose

Celle qu'on cache, celle qu'on chuchotte

Celle qui dérange, celle qu'on élude

Ton autre chemin, Ton autre chemin


1983 : Minoritaire Haut de la page

Au bout de mes rêves

Et même si tu me laisses, Au creux d'un mauvais détour

En ces moments où l'on teste, La force de nos amours

Je garderai la blessure, Au fond de moi tout au fond

Mais au dessus je te jure, Que j'effacerai ton nom

 

Comme toi

Elle s'appelait Sarah elle n'avait pas huit ans

Sa vie c'était douceur, rêves et nuages blancs

Mais d'autres gens en avaient décidé autrement,

Elle avait les yeux clairs et elle avait ton âge

C'était une petite fille sans histoire et très sage

Mais elle n'est pas née comme toi ici et maintenant

 

Minoritaire

J'ai pas la fascination des petits tueurs

Miniloubarrivistes ou grands rastallumés

Les rats de la misère et ses perpétueurs

Qui jouent tellement bien le rôle qu'on leur fait jouer

Je ne sais pas encore d'où viendra la lumière

Les solutions magiques plus douces et plus belles

Je ne suis pas certain qu'elle sortira des computers

Mais je suis sûr qu'elle ne viendra jamais des poubelles

 

Jeanine médicament blues

Puisque mes sentiments sont en panne de moteur

Puisque je ne sais plus où pourquoi à quelle heure

Moi j'ai quelques amis qui me laissent jamais tomber

En liquide en pilule en poudre en comprimé

Les seuls à pouvoir encore me faire ressentir

Des morceaux d'émotion des bouffées de plaisir

 

Veiller tard

Ces visages oubliés qui reviennent à la charge

Ces étreintes qu'en rêve on peut vivre cent fois

Ces raisons-là qui font que nos raisons sont vaines

Ces choses au fond de nous qui nous font veiller tard

Ces paroles enfermées que l'on n'a pas pu dire

Ces regards insistants que l'on n'a pas compris

Ces appels évidents ces lueurs tardives

Ces morsures aux regrets qui se livrent à la nuit

Ces solitudes dignes au milieu des silences

Ces larmes si paisibles qui coulent inexpliquées

Ces ambitions passées mais auxquelles on repense

Comme un vieux coffre plein de vieux jouets cassés

 

Ëtre le premier

On dit qu'il a la chance mais qu'il n'a plus d'amis

Mais moi je sais qu'au moins il est bien avec lui

Comme s'il avait le choix ou cette liberté

Quand on a cette voix qui vous dit d'avancer

 

Si tu m'emmènes...

J'apprendrai le courage, à la peur qui serre

Je prendrai page à page, la force nécessaire

La pitié le mensonge, si tu me le demandes

Même l'envie qui ronge, et la folie qui mange

 

Quand la bouteille est vide

Quand la bouteille est vide, Je craque une allumette

Et la bouteille vide, Se remplit de lumière


1981 : Il suffira d'un signe Haut de la page

Pas l'indifférence

Je donnerais dix années pour un regard

Des châteaux des palais pour un quai de gare

Un morceau d'aventure contre tous les conforts

Des tas de certitudes pour désirer encore

Echangerais années mortes pour un peu de vie

Chercherais clé de porte pour toute folie

Je prends tous les tickets pour tous les voyages

Aller n'importe où mais changer de paysage

Effacer ces heures absentes

Et tout repeindre en couleur

Toutes ces âmes qui mentent et qui sourient comme on pleure

 

A l'envers

J't'ai pas dit les mots des autres, J'connais pas l'vocabulaire

Suffit pas d'être sincère, Y a des façons des manières

J'suis pas doué j'sais pas y faire

 

Le rapt

J'aurais pu vous rencontrer dans une partie

Vous m'auriez parlé peut-être m'auriez souri

Entre gens d'un certain milieu d'un certain style

Le contact est permis on se trouve en famille

Mais une fois sortis de ces beaux appartements

Les visages et les coeurs se ferment comme avant

Ma famille à moi mon domaine c'est la rue

Mais comment se rencontrer sur une avenue

 

Quel exil

J'ai posé des questions aux professeurs en blouse blanche

J'ai gagné des calmants à la place de réponses

 

Sans un mot

Y'en a qui partent en Orient, En Afrique ou en Asie

Pour y soigner les enfants, Et pour s'y soigner aussi yéyé

 

Brouillard

Savoir briser partir,

Pour ne jamais haïr,

C'est tellement difficile

 

Juste

Juste juste un petit moment encore, Ici il fait si chaud, il fait si froid dehors

Ca ne prendra pas bien longtemps, Un tout petit instant

Attends au moins la fin du slow, Contre toi c'est si doux, si chaud

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